Outils pour l’estimation de coûts des stratégies  d’adaptation fondées sur la nature

Vous songez à des stratégies fondées sur la nature pour aider votre collectivité à s’adapter aux aléas des changements climatiques? Vous voulez savoir comment les coûts et les avantages de votre projet se comparent à ceux des approches conventionnelles? 

 

Les stratégies fondées sur la nature (SFN) représentent des options importantes qui peuvent aider les collectivités à s’adapter aux aléas climatiques, tels que les inondations, l’érosion et la chaleur extrême. Les infrastructures d’adaptation « grises »  conventionnelles ont pour fonction première de protéger. Les SFN jouent le même rôle de protection, mais elles contribuent aussi à réduire les risques climatiques, à enrichir la biodiversité et à accroître le bien-être des collectivités. Ces co-bénéfices sont appelés « services écosystémiques ». Les SFN peuvent être combinés à l’infrastructure grise pour mettre à profit les atouts des systèmes naturels et des ouvrages bâtis.

Voici deux outils en ligne qui vous aideront à estimer les coûts de vos projets et à évaluer différentes options : 

Estimateur de coûts de l’adaptation fondée sur la nature (ECAFN) 

Cette version s’adresse à quiconque cherche à obtenir une vue d’ensemble des coûts et des avantages des stratégies fondées sur la nature. Seuls des renseignements de base sur les projets sont requis, par exemple les objectifs et la superficie envisagée. L’outil fournit un aperçu général des coûts, présente des exemples de solutions de rechange grises et décrit les co-bénéfices associées.

Outil d’analyse avantages-coûts (AAC)

Cette version est destinée aux personnes possédant des connaissances économiques ou techniques. Elle permet d’adapter tous les paramètres de calcul pour réaliser une analyse affinée du cycle de vie entier. Les résultats consistent en une analyse avantages-coûts détaillée, avec estimations monétaires des services écosystémique pendant toute la durée du projet. 

Pourquoi avoir créé l’ECAFN?

L’« Estimateur de coûts de l’adaptation fondée sur la nature (ECAFN) » a été développé dans le cadre d’un projet collaboratif entre le Réseau environnemental du Nouveau-Brunswick (RENB) et CLIMAtlantic. Il a été conçu comme une version simplifiée de l’outil d’évaluation des coûts existant afin de rendre la planification de l’adaptation plus accessible.

L’« Outil d’analyse avantages-coûts (AAC) pour les solutions fondées sur la nature » a été le premier à être développé. L’objectif était d’aider les municipalités et les décideurs du Canada atlantique à comprendre et à évaluer les bénéfices économiques et environnementaux des projets fondés sur la nature. Cet outil s’appuyait sur le « Framework for Assessing the Costs and Benefits of Nature-Based Climate Solutions in Atlantic Canada » élaboré par Green Analytics. En 2023, PanChroma a adapté cet outil au format en ligne pour le RENB.

Si l’outil original est bien adapté aux utilisateurs techniques, le développement de cette version simplifiée, ECAFN, permet de toucher un public plus large. ECAFN est conçu pour être facile à utiliser, même si vous êtes novice en matière de stratégies fondées sur la nature ou d’évaluation des coûts de projets. Il offre un moyen simple et autonome d’explorer les estimations de coûts des projets fondés sur la nature, de comprendre leurs co-bénéfices potentiels et de découvrir les alternatives possibles en matière d’infrastructures grises.

Limites

Simplifier un calcul complexe

L’ECAFN se veut simple et facile à utiliser. C’est pourquoi il ne fournit pas d’évaluation détaillée des coûts à long terme, tels que les coûts d’exploitation et d’entretien. Ces coûts peuvent toutefois être considérables, et il est important d’en tenir compte. L’ECAFN se concentre sur les coûts d’immobilisations, par exemple les dépenses associées à la construction et à la mise en œuvre. Le cas échéant, les descriptions de projet fournissent aussi des renseignements généraux sur les besoins en entretien typiques, les coûts d’exploitation ou la durée de vie attendue de l’infrastructure verte et de l’infrastructure grise.

L’ECAFN comprend aussi une section qui explique les différences entre les coûts d’immobilisations et les coûts d’exploitation, les changements à prévoir dans ces deux catégories de coûts ainsi que la durée de vie théorique de l’infrastructure grise et de l’infrastructure verte. Pour obtenir une évaluation plus détaillée des coûts à long terme, il est recommandé de recourir à la version avancée de l’outil.

Catégories de projets

Les collectivités peuvent recourir à différentes approches d’adaptation pour gérer les impacts des changements climatiques dans les zones à risque :

  • Éviter : S’abstenir de tout aménagement dans les zones à risque actuelles et futures ainsi que dans les zones tampons (p. ex. milieux humides ou forêts).
  • Adapter : Apporter des changements aux biens, à l’infrastructure ou aux activités (p. ex. clapets anti-retour pour empêcher les eaux usées de pénétrer dans les résidences pendant une inondation).
  • Reculer : Déplacer les personnes, les biens et l’infrastructure d’une zone à risque (p. ex. déplacer un bâtiment hors d’une zone inondable pour l’installer sur un terrain plus élevé).
  • Protéger : Apporter des changements pour protéger les activités, l’infrastructure et les biens existants (p. ex. ouvrages de protection contre les inondations).

Les catégories de projets intégrées à l’AAC et à l’ECAFN sont principalement axées sur la protection.

Elles ne tiennent pas compte d’autres facteurs importants à considérer pour l’adaptation, comme l’aménagement du territoire, la conservation de l’habitat ou les approches à l’échelle du bassin versant (lisez la section « Considérations importantes » pour en savoir davantage). Bon nombre de ces options demeurent importantes et devraient être prises en compte dans le cadre d’une stratégie d’adaptation élargie.

Considérations importantes

Aménagement du territoire, conservation et mesures à l’échelle du bassin versant

L’adaptation climatique ne se résume pas à l’aménagement d’ouvrages de protection. L’aménagement du territoire, la conservation et les approches tenant compte de l’ensemble du bassin versant peuvent aussi contribuer à réduire les risques climatiques.

Les outils d’aménagement du territoire aident à préciser où et comment les projets d’aménagement devraient être exécutés. Ils peuvent contribuer à prévenir ou à limiter l’exposition aux aléas. Pour en savoir davantage, consultez la page Moyens d’adaptation : outils d’aménagement du territoire de CLIMAtlantic, qui renferme plus de 50 outils d’aménagement du territoire pour faciliter l’adaptation climatique en milieu côtier.

Les mesures de conservation sont axées sur la protection des milieux naturels et visent à réduire les risques climatiques tout en préservant des avantages écologiques, culturels et récréatifs.

Les interventions à l’échelle du bassin versant tiennent compte de l’effet des conditions en amont sur les risques en aval. Par exemple, la protection et la restauration de forêts, de milieux humides et de plaines inondables peuvent favoriser la rétention d’eau en amont et réduire ainsi le ruissellement jusqu’aux rivières situées en aval, de manière à limiter les risques d’inondation. Comme les systèmes naturels ignorent les limites des propriétés et les frontières municipales, les approches à l’échelle du bassin versant exigent souvent la coopération de municipalités, de propriétaires fonciers et de différents secteurs.

Maladaptation

Les projets d’adaptation visent à réduire les risques climatiques. Cependant, s’ils sont mal conçus, ils peuvent parfois engendrer de nouveaux problèmes. C’est ce qu’on appelle la « maladaptation ».

Par exemple, un projet pourrait :

  • déplacer le risque d’inondation vers un secteur voisin;
  • altérer des écosystèmes locaux;
  • finir par créer des besoins en entretien coûteux.

Il est important d’examiner les effets possibles d’un projet d’adaptation local sur le système naturel élargi. Autrement dit, une mesure qui réduit les risques dans un endroit donné pourrait avoir pour conséquence non intentionnelle de les amplifier ailleurs.

Pour éviter la maladaptation, il faut :

  • étudier les conséquences inattendues possibles et les moyens de les éviter;
  • évaluer l’efficacité et les impacts à long terme des mesures proposées;
  • élaborer une stratégie qui tient compte de mesures multiples;
  • parler à des professionnels, à des collectivités et à d’autres intervenants;
  • définir et comparer différentes options d’adaptation, y compris des combinaisons infrastructure grise-infrastructure verte.

Vous avez des questions au sujet des outils, de la maladaptation ou d’autres options d’adaptation, ou vous avez besoin de plus amples renseignements ou de conseils?
N’hésitez pas à communiquer avec CLIMAtlantic.

Avis de non-responsabilité

Les outils ne produisent que des estimations, qui pourraient ne pas refléter les coûts ou les résultats réels de chaque projet. Ils sont conçus exclusivement pour fournir des indications générales et ne visent aucunement à remplacer les conseils de professionnels. Les utilisateurs devraient prendre l’habitude de consulter des spécialistes qualifiés et de se renseigner auprès des autorités compétentes sur les exigences en matière de réglementation et de permis.

Remerciements

Nous tenons à souligner le travail du Réseau environnemental du Nouveau-Brunswick (RENB), qui a conçu et hébergé l’outil d’analyse avantages-coûts (AAC) pour les solutions fondées sur la nature.

 

CLIMAtlantic remercie également le RENB d’avoir participé à la mise au point de l’Estimateur de coûts de l’adaptation fondée sur la nature (ECAFN).