Adaptation du littoral – un littoral vivant à la plage Birch Cove du lac Banook
Depuis des temps immémoriaux, les Mi’kmaq ont utilisé le lac Banook comme voie de transport. Le nom d’origine du lac Banook, soit « panuk », signifie « ouverture ou commencement », en référence à sa position à l’entrée du canal Shubenacadie (ou Sipekne’katik).
Aujourd’hui, le lac est un site de loisirs important pour les pagayeurs, les nageurs et d’autres membres de la communauté locale et des environs.
Le lac Banook a également été fortement touché par le développement, puisqu’il est désormais bordé sur deux côtés par des routes principales et qu’il est entouré de lotissements résidentiels. La plage Birch Cove est la proie d’une érosion croissante. Une importante population d’oies a occasionné par ses déjections des problèmes de qualité de l’eau, tout comme les déchets provenant des chiens.
Le projet des rivages vivants
La municipalité régionale de Halifax (HRM) est en train d’aménager un littoral vivant afin de réduire l’érosion, de fournir un habitat et d’améliorer la qualité de l’eau le long d’une petite partie de la plage Birch Cove du lac Banook. « [Il s’agit de] l’un des premiers projets de naturalisation de cette envergure à être réalisé dans le cadre du programme de naturalisation », déclare Shauna Doll, spécialiste de l’environnement au sein de la division Environnement et changement climatique de la municipalité régionale de Halifax.
Plage Birch Cove, Lac Banook
La naturalisation est une approche de gestion du paysage qui favorise un écosystème sain.
Au lac Banook, cette approche permet de gérer l’érosion et les eaux pluviales tout en améliorant la biodiversité et en réduisant les coûts d’entretien pour la municipalité. Voilà qui en fait un précieux outil pour les collectivités qui se préparent à affronter les effets dévastateurs des changements climatiques.
« Les paysages naturalisés sont fondamentalement plus faciles à entretenir et se renouvellent d’eux-mêmes », explique Mme Doll.
Au lac Banook, le projet du rivage vivant s’inscrit dans une stratégie plus large de naturalisation des parcs qui a débuté en 2022, inspirée par HalifACT, la stratégie de la MRH pour lutter contre les changements climatiques.
Shauna Doll, Municipalité régionale de Halifax
En 2024, l’équipe de la MRH a collaboré avec l’entreprise d’aménagement paysager Helping Nature Heal pour ériger une clôture en branchages sur la berge autour du site de restauration. Les clôtures en clayonnage sont des barrières fabriquées en partie avec des matériaux vivants. À cet endroit particulier, des boutures d’aulnes ont été entrelacées avec des piquets de saule vivants.
« C’est une façon de créer une clôture vivante afin qu’avec le temps, les piquets vivants continuent d’assurer l’intégrité structurelle de la clôture. Cela permet également de retenir certains sédiments, ce qui contribue à enrichir le sol au fil des années. »
À l’intérieur de la zone de restauration, l’équipe a planté de la végétation dans le but de dissuader les oies de s’attarder dans la zone et de permettre à la biodiversité indigène de reprendre sa place. « La majorité des plantes utilisées étaient indigènes de la région forestière Wabanaki-Acadienne », précise Mme Doll. Il s’agissait notamment d’aulnes rugueux, de bleuets nains et d’asclépiades incarnates. Cette végétation fournira un habitat aux pollinisateurs et aux poissons et filtrera les eaux pluviales avant qu’elles se déversent dans le lac.
Le projet crée des liens avec la communauté
Les organisateurs espèrent qu’à la longue, le site nécessitera de moins en moins d’entretien, à mesure qu’il s’établira. Tout au long de ce processus, il est important de tenir les résidents informés du projet et des autres efforts de naturalisation, fait remarquer Mme Doll, car cela encourage un plus grand sentiment d’appartenance. « Les résidents peuvent apprendre de ces projets et contribuer à leur gestion au fil du temps, ce qui nous permet de créer une culture de conservation autour de sites comme celui-ci. »
Alex Cadel, spécialiste des services climatiques au ministère de l’Environnement et du Changement climatique de la Nouvelle-Écosse, qui travaille en partenariat avec CLIMAtlantic, estime qu’il est primordial de travailler avec la nature pour gérer les inondations et l’érosion.
Travailler avec la nature apporte également des co-avantages, tels que la création d’habitats supplémentaires et de possibilités de loisirs. « Cela permet tout simplement d’aménager un formidable environnement où les gens peuvent profiter de tous les avantages », poursuit Alex Cadel.
La MRH compte 32 autres sites qui ont besoin d’être naturalisés. Mme Doll insiste sur le fait que l’une des plus grandes leçons tirées du projet du lac Banook a été la valeur de la collaboration.
Nous ne pouvons pas y arriver seuls. Plus je me plonge dans ce travail, plus je me rends compte qu’il y a tellement de sites qui ont besoin d’être restaurés. Il y a beaucoup de boulot à faire, mais c’est aussi un véritable plaisir qui permet un contact avec la Terre et les uns avec les autres.
Ressources supplémentaires :
- Nova Scotia Government Climate Change Resources: https://climatechange.novascotia.ca/fr/
- CLIMAtlantic: https://climatlantic.ca/fr/
- Green Shores Program: https://stewardshipcentrebc.ca/green-shores-home/
Financement par :




Recent Comments